Une monnaie complémentaire nationale… pourquoi faire ?

La monnaie est une unité de mesure permettant d’évaluer la valeur des choses, des ouvrages et des services dans une logique d’échange. Elle peut permettre d’effectuer des avances pour faciliter la réalisation de projets importants nécessitant du temps pour leur mise en œuvre. Par le don, la cotisation ou l’impôt, elle peut permettre la mutualisation des ressources, ou la péréquation des revenus, dans une logique de solidarité au service du bien commun.
La monnaie peut ainsi être un bien commun, support d’une économie visant à répondre aux besoins collectifs dans l’intérêt du plus grand nombre.
Pour autant, la monnaie peut devenir un outil de domination lorsqu’elle échappe à l’intérêt commun, s’accumulant dans le porte-feuille de quelques investisseurs qui s’approprient sciemment une part importante de la richesse, fruit du travail des femmes, des hommes et de la Terre ou de la transformation des ressources naturelles. Quand le prêt ou les investissements deviennent sources d’enrichissement de celles et ceux qui en ont les moyens, enrichissant de manière exponentielle les personnes qui possèdent déjà plus de richesses que les autres, en dehors de toute considération d’intérêt collectif, l’économie devient synonyme d’exploitation.
Le monde est aujourd’hui mené à grande vitesse vers un chaos écologique et humanitaire au nom de la défense des intérêts des investisseurs privés, alors même que leur course aux profits est la raison effective du naufrage qui s’annonce. 

La réappropriation citoyenne de l’économie et de la monnaie est donc une nécessité de salut public. En préalable et sans attendre que cette réappropriation soit enfin l’objectif politique des instituions à travers le monde, il est essentiel de montrer qu’elle est à notre portée et que nous sommes en capacité de la mettre en œuvre, avec les moyens qui sont les nôtres…